lundi 6 juin 2016

Et si j'étais les deux en même temps, le droit au bonheur d'une Boulette, la vie, en gros

Tout d’abord, lance une chanson de Dolly Parton, parce qu'on plonge tout droit au Texas et que le roman dont je vais te parler est à fond sur Dolly Parton, Jolene est mentionné plusieurs fois, mais j'ai choisi Coat of many colors, c'est mon blog, je fais ce que je veux.


C'est difficile d'écrire des romans positif sur la maladie, surtout lorsqu'il s'agit d'obésité, parce que bon, il suffirait d'un petit effort pour aller mieux, il suffirait de perdre un peu de poids, un régime c'est pas si terrible, et puis pour ta santé ce serait mieux quand même, tu pourrais faire un effort...
Souvent on voudrait que les personnes en surpoids n'aient pas le droit d'être heureuses sauf si elles changent.
Heureusement Miss Dumplin n'aura pas besoin de changer son apparence pour briller.


Le postula de départ de Miss Dumplin (chez Michel Lafon) c'est que Willowdean est bien dans sa peau bien qu'elle soit grosse.

Et c'est faux, Willowdean fait semblant mais elle est même bien plus complexée et critique envers elle même que tous les gens autour d'elle, elle laisse ses complexes l'empêcher de vivre. Le problème ne vient pas des autres, il vient d'elle. Sa meilleure amie n'en a rien à faire, ses collègues n'en n'ont rien à faire, le magnifique Bo Larson n'en a rien à faire, tout le monde s'en bat les steaks (à part sa mère et le fouille-merde du lycée, mais il en faut), sauf elle.

Miss Dumplin au début, c'est un peu comme la troisième génération de Skins, les personnages sont sympa, mais le drame, ils le créent tout seul.

Willowdean bosse dans un fast food, avec le mec beau, mystérieux et silencieux par excellence (que j'appelle le Mysterious Brooding Dream Boy, l'équivalent masculin de la Manic Pixie Dream girl, mais c'est l'article de la semaine prochaine alors on va pas s'étendre là dessus), très vite ça batifole dans le local poubelle et dans le pick up de Bo, mais même si Willowdean à un gros crush sur Bo, elle refuse qu'il la touche, parce qu'elle a peur des bourrelets qu'il doit sûrement sentir lorsqu'il passe ses mains dans son dos où qu'il l'attrape par la taille. Et là bim, auto-sabotage, Will utilise un prétexte pourri pour rompre avec lui.

Toute les intrigues secondaires, le concours de beauté, la brouille avec sa meilleure pote, le club des freaks du lycée, la pseudo amitié avec Mitch, pourri caca nul, je vais pas revenir dessus. Le sujet important dans tout ça c'est Lucy, la tante récemment décédé de Willowdean. C'est l'histoire d'un deuil, c'est intégrer les leçons qu'on vous a transmis, c'est comprendre que tout le monde est tellement obsédé par son propre nombril que finalement personne ne fait attention si vos cuisses se touchent, si vous tenez la main du plus beau garçon de l'école (on le mentionne entrain de frotter sa mâchoire avec ses jointures et je dois t'avouer que ça me parle), et que ce n'est pas votre poids qui mesure votre votre beauté.

"J'imagine que, parfois, la perfection que nous voyons chez les autres est faite d'un tas de minuscules imperfections, parce que certains jour, il est impossible de fermer cette foutue robe. "

Le message du roman est intéressant, mais il se perd un peu et surtout le roman est mal équilibré, ça traîne en longueur, la partie qu'on attendait vraiment arrive dans les vingt dernières pages du livre.
Mais les personnages sont si intéressants, si bien construits, ça reste un plaisir de lire ce roman. Et c'est grâce à une autre minorité que Willowdean finit par ouvrir les yeux sur le fait qu'elle ait le droit d'être elle même.

"Parfois, pour comprendre qui on est, il faut se considérer comme une mosaïque d'expériences, un ensemble de facettes différentes. Je suis Boulette. Et Will, et Willowdean. Je suis grosse. Je suis heureuse. Je suis complexée. Je suis courageuse."
Sur le même sujet, l'excellent roman de Mickael Ollivier, La vie, en gros, aux Éditions Thierry Magnier, évidemment.

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