lundi 30 mai 2016

Moi et les aquaboys, l'humour anglais et un bouquet final en forme d'hilaritude

Quand j'étais au lycée deux choses me faisaient absolument mourir de rire à leur lecture. La première était la formidable chronique illustrée de Margaux Motin pour le magazine Muteen. Qui m'a donné envie de trouver un job où allier illustration et écriture (à l'époque j'étais encore confiante dans mes capacités à devenir une illustratrice renommée). Pour vous donner un aperçu de la plume de Margaux Motin, elle écrivait à propos d'un vernis adhésif : "Mes paluches sont justes hyper canons, on dirait qu'elles s’apprêtent à ouvrir et à fermer des barquettes pour une pub sur le jambon".
(c)Margaux Motin

Du génie.
Le mélange de sujet connoté magazine féminin et les commentaires un peu trivial sur le jambon, fonctionne à merveille.



La deuxième chose c'est la série des Georgia Nicolson, que l'on doit à la regretté Louise Rennison. Si tu ne connais pas Georgia, vraiment tu devrais t'y mettre. On suit le quotidien ordinaire d'une jeune ado ordinaire, qui vit avec ses parents qui s'aiment un peu trop à son goût, sa petite sœur de 4 ans qui est complètement cinglé et son chat Angus qui tient plus du petit tigre que du chat domestique. à travers ses histoires de copines, de cours, de cœur, ses techniques de séduction foireuse et son amour pour les chorégraphie de groupe, c'est un roman juste qui nous plonge dans les petit tracas et grandes marrades de l'adolescence. Parfois, rien qu'en me remémorant un passage de ces dix tomes plein d'hilaritude il m'arrive encore de me gausser seulabre en me rappelant l'épisode des attrapes glaçons collés l'un à l'autre ou du soutien-gorge comme soutien-pif. Toute l'originalité de Georgia Nicolson c'est de réussir à nous faire entrer dans sa bande de copine, le Top Gang, grâce à ses confessions mais surtout grâce à ce langage qui leur était bien particulier, qui allait en s'étoffant au fil des tomes, ils fallait avoir lu et suivi Georgia depuis le début pour réussir à comprendre ce qu'il se passait dans le dernier. Il faut saluer le travail impressionnant de le ou la traducteur (trice). Je les ai relus il y a un ou deux ans et la perfection de ces romans ne faiblit pas avec le temps. Ils sont un classique de la littérature jeunesse.
la couverture du poche...

Un petit passage sur Angus, qui est originaire de là où je me trisse en trek dans une semaine.

Ce chat est gravement givré. Je l'ai trouvé à Loch Lomond en Ecosse dans le jardin de la pension de famille où on passait nos vacances avec les parents. La pension s'appelait « Au bon coin », c'est vous dire le style de vacances.
Le jour où il a massacré mon pull quand je l'ai pris dans mes bras, j'aurais dû me douter qu'au rayon chat tout ne tournait pas rond. Mais il était tellement mignon comme chaton, tout tigré avec des poils longs et d'immenses yeux jaunes. Déjà petit, on aurait dit un bébé chien. J'ai supplié mon père de me laisser le ramener à la maison.
— S'il reste ici, il mourra. Il a pas de papa et il a pas de maman.
A quoi il a répondu :
— C'est probablement parce qu'il les a mangés.

C'est difficile de tomber sur des romans vraiment drôles, surtout quand il s'agit de traduction. C'est pourquoi je tenais vraiment à vous parler de Moi et les aquaboys de Nat Luurtsema, j'avais pas rigolé à voix haute en lisant depuis Dans la gueule de l’alligator (chez Thierry Magnier pour changer). Ce roman est hyper frais. L'héroïne est d'une maladresse affligeante mais doté d'une répartie (un peu en retard quelques fois) et d'une propension au sarcasme que j'adore. Je voulais le mettre en regard de Georgia Nicolson parce que je trouve qu'on retrouve dans ces deux romans ados le même genre d'humour un peu décalé typiquement anglais, ainsi que le "sarcastic little shit" propre au narrateur que j’affectionne tout particulièrement.



Moi et les aquaboys raconte l'histoire de Lou Brown, trop grande, trop musclée, trop maladroite, qui échoue lamentablement à une épreuve de sélection pour un camp d'entrainement de natation pour lequel elle se prépare depuis des années. Sans la natation sa vie n'a plus beaucoup de sens et elle erre tel une âme en peine à la piscine. Abordés par trois garçons qui veulent tenter de participer à Incroyable Talent ! elle va devenir leur entraineur dans une toute nouvelle discipline, la natation synchronisé sous l'eau.
Lou est adorable et complètement à côté de ses pompes. C'est une héroïne qui fait plaisir à voir car elle n'a pas besoin de changer pour trouver le bonheur (d'une manière un peu étrange certes mais vraiment drôle). Les différentes relation entre les personnages sont vraiment bien écrites. On pourrait regretter de ne pas mieux connaître les aquaboys finalement car le roman est assez court, mais apparemment il y aura une suite donc les aventures de Lou ne sont pas terminées !
L'auteur de moi et les aquaboys est comédienne de stand up au départ (et anglais qui plus est) et ça se ressent tout à fait dans sa plume, le choix du bon mot et les enchainement de situation. Pour un premier roman, c'est vraiment une réussite !
Un livre pour tout ceux qui ont subi une défaite dans vie et sont remontés en selles, pour tout ceux qui aiment nager, pour tout ceux qui se sentent comme un poisson hors de l'eau, pour tout ceux qui aiment rire.

Moi et les aquaboys de Nat Luurtsema, Gallimard jeunesse


1 commentaire:

  1. Je ne savais pas pour la suite de Moi et la Aquaboys, en voilà une nouvelle qu'elle est bonne ! :p

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