lundi 2 mai 2016

La vie est une connasse



Je t’épargnerai les détails de ma vie perso, on est pas là pour ça.
Sache juste que j’ai passé une semaine triste, et que je trouve pas de mot plus fort juste là, que mes yeux se remplissent de larmes de façon sporadique, que chaque minute dure des années, que mon coeur se serre à cause d’un souvenir, d’un mot, d’une chanson,que mon misanthropisme a atteint un stade inégalé jusque là et que seul la littérature trouve grâce à mes yeux.
Comme le monde est bien fait, mes lectures de la semaine étaient parfaitement en accord avec ce que je vis en ce moment. Alors peut-être que je vais manquer de subjectivité, c’est possible, mais j’aime à croire que malgré ma peine j’ai encore un peu de sens critique, tu me diras.
J’adore les histoires d’amour, il faudra qu’on en reparle puisque c’est un vaste sujet, j’ai de haute attentes envers la gente masculine à cause des héros de romans, entre autres.
J’adore les histoires d’amour qui finissent bien évidemment, mais celles d’amour contrarié font battre mon coeur. Dans cette veine là tu peux me faire lire tout et n’importe quoi, mais surtout des histoires d’enfants cancéreux, c’est horrible, mais j’adore ça. Nos étoiles contraires, Je veux vivre, Me Earl and the dying girl… You name it.
Cette semaine était ma semaine maladie et décès, avec un livre qui finit bien et l’autre qui finit triste.
Cette semaine j’ai lu Everything Everything de Nicola Yoon et L’Histoire du garçon qui courrait après son chien, qui courrait après sa balle d’Hervé Giraud (Hervé Génie).
Mis à part le fait que ces deux livres traitent de la maladie, il n’ont rien en commun.

Everything Everything raconte l’histoire de Madeline qui vit dans un environnement stérile depuis dix huit ans à cause d’une rare maladie qui la prive de défenses immunitaires. Elle passe son temps entre ses lectures, ses cours d’architecture, son infirmière qui est sa meilleure amie et sa mère avec qui elle a une relation fusionnelle.
Un jour de nouveaux voisins emménagent dans la maison d’à côté, Maddy repère rapidement Olly, le fils, amateur de parkour, d’évasion sur le toit et de vêtements noirs. Ils vont échanger par mail et devenir amis, mais Maddy veut plus, elle veut vivre et profiter de sa vie. On se doute comment l’histoire va se dérouler.
En fait oui et en même temps, pas tout à fait.
Le personnage de Maddy est d’une richesse incroyable, plein d’imagination et d’un univers intérieur amusant, touchant, bien construit. Une jeune fille / femme pleine de doutes et de certitudes, qui découvre pour la première fois les joies et les tourments de l’amour. Évidemment le personnage d’Olly est formidable, rassurant, fort mais avec des faiblesses (un jour il faudra intégrer des enfoirés affectif à la littérature de jeunesse). Un Roméo prêt à tout, poussé par les ailles de la passion.
C’est beau et improbable et tragique, et finalement pas si prévisible.
Point intéressant à préciser, Maddy est métisse, sa peau brune, ses cheveux bruns comme un nuage, ses tâches de rousseur comme du chocolat saupoudré, elle est belle. Et ça fait tellement plaisir de voir une héroïne comme elle, la représentation c’est tellement important !
Everything Everything, Nicola Yoon
Bayard Jeunesse



L’Histoire du garçon qui courrait après son chien, qui courrait après sa balle. Hervé Giraud est un maître pour traiter de sujets lourds avec une certaine légerté (dans le ton, pas le contenu) et beaucoup de poésie, tu as peut être lu Prends ta pelle et ton seau et va jouer dans les sables mouvant (j’avais fait un article dessus pour la gazette des Éditions Thierry Magnier (oui, je pose ça là comme ça, j’aime bien me la raconter parfois )), ça y ressemble un peu.
On suit les réflexion d’un narrateur d’une quinzaine d’années, qui vit paisiblement dans la campagne avec ses parents qui s’aiment et se complète, sa soeur jumelle Cali, et leur vieux dalmatien Rubens. Un jour Rubens part à la poursuite de sa balle et ne revient pas, juste après Cali tombe gravement malade. Son frère va partir en quête du chien, persuadé que s’il le retrouve, alors Cali ira mieux.
On suit le combat plein d’espoir de cet adolescent un peu à côté de ses pompes, mais qui s’il ne sait pas mettre ses bottes à l’endroit possède un univers intérieur tellement riche, plein de petits deals passés avec lui même, de langage secret et d’amour. On y croit, on est derrière lui. Retrouver Rubens va devenir toute une véritable Odyssée, avec cette petite lumière, cet espoir fou de sauver Cali.
C’est mignon et c’est puissant.
“Elle se lève, les yeux inondés de silence et de larmes qu’elle porte ailleurs, au loin, vers la fenêtre et vers ce ciel étrangement bleu aujourd’hui, parce que ce moment lui est bien sûr insupportable et que seul le soleil est plus grand que le malheur qui nous atteint.”
L’Histoire du garçon qui courrait après son chien, qui courrait après sa balle, Hervé Giraud
Éditions Thierry Magnier

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