lundi 18 avril 2016

Les adultes dans les fictions de jeunesse, la belle mère éloignée de son rôle de marâtre



J'ai lu Ces rêves étranges qui hantent mes nuits, qui remporte un peu la palme du titre qui n'a rien à voir avec l'histoire, ainsi que le premier prix de la couverture dégueulasse, mais bon, à l'École des loisirs on est plus à ça prêt... Et à ce sujet je te renvoie vers le très fouillé et très intéressant article d'Allez vous faire lire sur le sujet, qui doit probablement faire écho pour tout les libraires de France et de Navarre, va lire l'article, il explique bien.

Donc Stéphanie Leclerc, c'était ma première rencontre avec cette auteur et j'ai vraiment bien aimé ces quelques heures que j'ai passé avec son héros. Le roman est un peu fouillis, y a des choses dont on aurait pu se passer, mais ça m'a pas empêcher d'apprécier ma lecture, donc ça va. Dans ce roman il y a des espèces de moment lumineux, qui vous prennent à la gorge, c'est beau, c'est bien écrit, ça prend pas les gens pour des débiles.

Robin a 16 ans, c'est un ados je m'en foutiste, il est pas particulièrement chiant, au contraire, la passivité c'est un peu son crédo au début du roman. Il vient de se faire virer de son collège et de chez sa mère par la même occasion. Sa mère qui démissionne de son job de maman, sa mère qu'on ne voit pas avant le troisième tiers du roman. Sa mère qui dit c'est fini, je veux plus que tu sois mon fils, je t'aime mais va-t-en, va-t-en s'il te plaît. C'est dur, c'est dur parce que Robin c'est pas une petite frappe, c'est pas un gamin violent, il a jamais rien fait de mal, c'est juste qu'il a jamais rien fait. Il se laisse porter, il se laisse porter par son père dans cet appartement pourri de Clichy, il ne dit rien quand décide de le déscolarisé, rien non plus quand on prévoit son futur pour lui. Robin est amorphe, rien ne semble trouver d'intérêt à ses yeux, il va bouffer son kebab au coin de la rue, va mater un film et retourne dormir, on s'ennuie pour lui.

La rencontre qu'il va faire n'est pas celle annoncée par la quatrième de couverture, enfin si il va la faire, mais elle a finalement peu d'importance, ce n'est pas elle, c'est Guilaine, la copine de son père, elle et le Jujube, son fils de 9 ans. "On s'inquiète tous pour toi" dit le Jujube extraordinairement impliqué et complètement détaché. Ces deux là vont s'apprivoiser, comme le Petit prince et son renard, et ils finiront par être unique au monde l'un pour l'autre. Mais la relation dont j'aimerais parler est celle de Robin et Guilaine. Elle le réveille, sans le secouer, sans sceau d'eau et sans le materner non plus. J'adore cette relation. J'adore cette belle mère, cette femme forte, qui cherche en même temps que Robin qui elle est, qui elle peut devenir. Robin et elle échangent. Elle n'est pas du tout dans une position d'adulte moralisateur; ils sont sur un pied d'égalité. Et ça, ça me parle. J'adore ce personnage, qui n'est pas un parent, mais pas un inconnu non plus. J'adore cette nouvelle place que le beau parent se fait dans la fiction pour adolescent, c'est tellement intéressant.

C'est quelque chose qui m'avait déjà interpelé dans ma lecture du roman de Pauline Penot : l'Été de mes nuits blanches, qui a pas mal de similitude avec le roman de Stéphanie Leclerc.


(oui on est d'accord cette couverture ne vend pas du rêve)


Gaël a 15 ans et ne dort plus. Chaque nuit, il tourne et se retourne dans son lit, cherchant en vain le sommeil. Rien ne l’intéresse vraiment, tout le lasse. Pas forcément populaire, il a l'impression de vivre dans l'ombre de sa grande sœur, qui a déjà tout fait, tout réussi. Il va passer l’été chez son père où il travaillera comme guichetier au château de Blois. À Blois non plus, Gaël ne dort pas. Et la nuit, alors qu’il est éveillé, il se découvre une partenaire d’insomnie ; sa belle-mère. La nuit, dans la cuisine, elle lui parle de jardinage, de cuisine, d’histoire, celle avec un grand H, et de poésie. Parmi eux, les textes de François Villon, grand poète du Moyen Age,  qui trouvent écho chez Gaël. Ce que cet homme disait il y a plusieurs centaines d’années, il le comprend très bien. Et ça lui parle,  enfin !

Qu'est ce que j'avais aimé ces heures sombres passées dans la cuisine...

Deux romans d'apprentissage, pour tout ceux qui ne savent pas où ils en sont, qui ils sont et ou ils vont. Un grand cri de liberté, une bonne tasse de thé rassurante et des discussions sur l'Art à n'en plus finir, voilà ce qu'il vous faut.

1 commentaire:

  1. L'été de mes nuits blanches, on a galéré pour trouver le titre ^^ il fallait qu'il soit à la hauteur du récit et je crois que c'est réussi :)

    RépondreSupprimer