lundi 4 janvier 2016

Les familles dysfonctionnelles, le syndrome de Dostoïevski et leséditions Sarbacane

 



Tu sais quand on dit que les gens heureux n'ont pas d'histoires ? Ben ça m'agace...

Moi j'aime bien les histoires avec des gens heureux. Ça les empêche pas d'avoir des problèmes tu sais.

Ce que j'aime pas c'est les mensonges, quel procédé facile, quelle tricherie. Ces histoires basées sur des secrets, avec l'excuse du "c'est pour ton bien" me laissent toujours un peu dubitative, je veux dire, si quelqu'un avait dit la vérité au début de l'histoire on en serait pas là. Les mensonges entrainent tous les protagonistes dans une espèce de cercle vicieux.

Et le lecteur est entrainé avec eux, comme dans le roman d'Olivier Ka, Janis est folle, paru au Rouergue.

Comme Titouan j'ai vécu une descente aux enfers en suivant Janis. Parce que Janis n'est pas que gentiment folle. Le roman commence tranquillement on rencontre cet adulescent qui prend soin de sa mère un peu à l'ouest, mais ça plus l'air d'être un trait de caractère à la Luna Lovegood qu'une véritable maladie pour l'instant. Les deux sont sur la route, roulant sans but la journée, dormant où ils peuvent la nuit, s'installant parfois quelques jours, parfois quelques semaines quelque part. Jusque là ok, pourquoi pas, suivre un ado et sa mère dans leur mode de vie un peu décalé mais où chacun semble trouver son compte, visiter la France, rencontrer des personnages atypiques, profiter des bonheurs simples, je suis plutôt pour. Je me dis que c'est pas très grave que Janis soit un peu fofolle, qu'on va passer un bon moment.

J'ai tort.


Parce qu'apparemment Olivier Ka est atteint de ce que j'appelle le syndrôme Dostoëvski. Quand tu crées un personnage de type normal tu lui donne des qualités, deux trois petits défauts, une histoire avec un peu d'épaisseur pour que le personnage ne soit pas unidimensionnel, jusque là on est d'accord. Quand dans le feu des 50's du XVIIIe siècle Dostoïevski planche sur ses personnages, il n'y va pas avec le dos de la cuillère, normal, il essaye de démontrer quelque chose, en plus, avec l'aspect feuilletonesque de ses romans, il faut que les personnages soit dans l’excès, à la limite du vraisemblable, pour marquer les esprit pour qu'on veuille en savoir plus, pour que des dès les premières phrases on sache les détester ou les encourager. L'intérêt de ce procédé disparait complètement dans un roman de 200 pages.
Alors, à cause de ce syndrome, Olivier Ka prend un peu son lecteur pour un débile. On comprends très vite que cette vie de saltimbanques n'était qu'une façade, que les problème de Janis sont bien plus profond qu'une simple excentricité. Mais vraiment est ce qu'il y avait besoin de tout ça ? Je ne vais pas vous raconter la suite du roman, mais sachez qu'on s'enfonce dans le pathétique à vitesse grand v jusqu'à toucher le fond, le tout dans une espèce de brouillard ou Titouan perd pied et sa narration (homodiégétique encore) essaye de nous perdre aussi.
Tout cet excès c'est intéressant, ça vous donne mal au coeur, ça vous sert la gorge, mais trop c'est trop.

Un de mes coup de coeur de cette fin d'année 2015 concerne aussi une famille dysfonctionnelle, mais c'est un roman joyeux malgré tout, vous allez voir.



Dysfonctionnelle d'Axl Cendres est un roman paru chez Sarbacane et, je veux pas dire mais, ce que fait Sarbacane au niveau de sa production roman ado cette année, ça envoie un peu du pâté...
Dysfonctionnelle est un roman de vie, une succession d'anecdote, une histoire d'amour, une histoire de famille, un drame familial, une histoire drôle, touchante, vraie et bien plus encore. Suivez la vie pas banale de Bouboule, de ses six frère et soeurs, de sa mère un peu folle, du Bout du monde.Jamais Axl Cendres ne tombe dans le pathos, tout est juste, tout tombe à point. J'ai tellement ris et un peu pleuré, ce livre est une pépite. Et oui certains des personnages ont l'air d'être des stéréotypes mais c'est juste une impression.

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