mercredi 23 septembre 2015

Les nombreux secrets de l'univers, les garçons et ta mère

J'ai toujours été très attirée par l'idée du Destin (je me répète, mais que veux tu, la vieillesse ...), l'idée non pas que notre chemin est tout tracé, mais que parfois, dans la vie, il arrive des évènements, des rencontres, des opportunités, et parfois le hasard ou les coïncidence semblent trop grosse et on se dit "c'est le Destin", est ce qu'il s'agit d'un des secrets de l'univers? Qui sait ?



Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers s'est présenté à moi de cette façon. Au départ juste un livre et plus j'avançais dans sa lecture, plus je me disais que c'était exactement le livre que j'avais besoin de lire à ce moment là.

Aristotle_and_Dante_Discover_the_Secrets_of_the_Universe_cover

La grande force de ce livre, et de l'écriture de son auteur (Benjamin Alire Saenz) c'est sa grande justesse et son recul sur les relations humaines.
L'histoire nous est racontée du point de vue d'Aristote (oui, encore un récit à la première personne), mais le recul que peut avoir Ari sur son comportement ou sur ceux des gens qui l'entoure permet d'effacer l'aspect agaçant de la narration homodiégétique. L'histoire se déroule sur un peu plus d'un an et l'évolution du personnage principal ne sort pas de nul part, elle est constante, elle est réfléchie, elle est logique.

Ce que j'ai préféré dans ce livre, outre le personnage de Dante qui a fait battre mon petit cœur. Ce sont les dialogues, notamment ceux qu'Ari peut avoir avec sa mère tout au long du livre. les relations parents/ enfants dans ce livre sont d'une justesse qui est à la fois touchante et drôle. Il est agréable de voir des ados qui ont une vrai relation avec leur géniteurs, de voir que malgré toute sa colère et toute sa peur, Ari est capable de s'ouvrir à sa mère et d'avoir avec elle de vraies conversations. Je crois pas avoir jamais lu quelque chose comme ça. Tous ces romans jeunesses "coming of age" où le parent est un parent absent ou incompétent, laissent le héros seul avec ses questions, ses angoisses et cette difficulté de passer de l'enfant à l'adulte. Ici le dialogue est là, il est parfois compliqué, plein de non-dits, mais au final très utile et il permet vraiment à Ari d'avancer, de grandir et de prendre conscience de plein de choses.

oui, il est possible que dans ma tête Ari ressemble à Tyler Posey

Pour finir j'aimerais revenir sur le sujet principal du livre qui est la relation entre Dante et Aristote. Les belles histoires d'amitiés entre garçons c'est chouette. Surtout quand au départ les deux protagonistes ne pouvaient pas être plus différents. Dante est une personne ouverte, joviale, honnête et spontanée, tout le contraire d'Ari, taciturne, réservé et constamment en colère et pourtant, leur relation fonctionne, elle n'est pas forcée. Vous savez, les opposés s'attirent. Moi je dirais surtout qu'ils se complètent. Mais ce sont des relations difficiles puisque l'un est toujours entrain d'essayer de comprendre pourquoi l'autre ne fonctionne pas comme lui. Ari et Dante ont une discussion à ce propos qu'il me paraissait important de citer.
"They're happy," he said. "Your parents? Are they happy?" "Mon and Dad, they're not at all like you mom and dad. But my mom adores my dad. I know that. And I think my dad adores my mom too. He's just not demonstrative." "Demonstrative? That's not an Ari word." "You're making fun. I've expanded my vocabulary." I nudged him. "I'm preparing for college." "How many new words a day?" "You know, a few. I like the old words better. They're like old friends?" Dante nudged me back. "Demonstrative. Is that word ever going to be an old friend?" "Maybe not." "You're like your father, aren't you?" "Yeah, I guess I am." "My mom struggles with that too, you know? She doesn't display her feelings. That's why she married my dad. That's what I think. He drags it out of her, Does that make sense?" "Yeah, I guess so. Maybe. Is love a contest?" "What does that mean?" "Maybe everyone loves differently. Maybe that's all that matters."

Voilà, c'était beau et simple. Et parfois ça m'a un peu rappelé Good bye Berlin, de Wolfgang Herrndorf, ce qui est vraiment un compliment.

Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers de Benjamin Alire Saenz, chez PKJ, 17,90





Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire