mardi 15 septembre 2015

Le fléau de la promotion, des récits à la première personne et des épreuves non corrigées

Septembre est un moment hyper important pour le monde du livre. Dès le mois de mai/juin les libraires sont briefés par les éditeurs sur les sorties de la rentrée, les romans à ne pas louper, les nouveaux auteurs à mettre en avant, le dernier livre de Machin Chose qui va surement très bien se vendre etc...
C'est difficile de tout lire, d'être au courant de tout et de pouvoir être opérationnel en septembre quand le vieux monsieur du lundi après midi vous demande "je cherche un bon roman français pour ma petite fille de 15 ans".
Si on est pas opé, que c'est pas notre rayon, qu'on a lu que de la merde, des vieilleries, ou des auteurs étrangers et qu'on sait pas quoi conseiller, on peut se rabattre sur la plus grosse opération promo du moment.

U4


Syros et Nathan ont fait péter leur budget promo pour ces quatre romans à parution simultanée. Quatre romans, quatre auteurs, quatre personnages, une histoire.
Franchement ça vend un peu du rêve, du roman français, post apocalyptique, et jeunesse, ça court pas les rues (Il y a bien La Source chez Thierry Magnier paru au printemps, mais il est passé complètement inaperçu et il est un peu écrit avec les pieds...). Ces quatre romans sont écrits par quatre auteurs habitués de Nathan et Syros Yves Grevet, Florence Hinckel, Carole Trébor et Vincent Villeminot.
Annoncé comme "LE PHENOMENE DE LA RENTREE LITTERAIRE" à grand renfort de bande annonce, d'épreuves non-corrigées envoyées aux libraires (et ça, ça coute vraiment cher) d'interview des auteurs, de colonne PLV d'un mètre soixante-dix de haut dans les librairies, Nathan et Syros se sont alliés et se sont assurés d'être présents et visible dans cette masse de publication de la rentrée littéraire, et ils ont réussi. La PLV de la librairie où je travaille est déjà quasiment vide.
J'étais toute contente à l'idée de commencer ce récit chorale, parce que les récits chorale moi, j'aime bien ça, j'aime quand ça se croise et que ça interagit.
J'avais jamais lu un seul livre de ces auteurs, du coup j'ai choisit le plus connu, Yves Grenet, auteur de la série Méto, qui a eu pas mal de succès.



Je me suis donc lancé dans Koridwen. C'est aussi le tome qu'on a le plus vendu à la librairie et je pense que c'est effectivement le tome le plus important mais, fichtre que c'est mal écrit.


L'écriture d'Yves Grenet est sèche, elle ne transmet rien, on voit qu'il essaye, mais les sentiments et les descriptions un peu poussées c'est pas trop son truc. Il ne se passe pas grand chose pendant ce mois et demi de narration. L'aventure de Koridwen aurait pu durer une semaine ça aurait suffit. Le début est intéressant, mais toute la partie qui se déroule à Paris ne sert à rien du tout, c'est du remplissage. Koridwen se balade à droite à gauche et s'attire des emmerdes qui font avancer le temps mais pas l'histoire et ça a au final, très peu d'intérêt. Les personnages secondaires sont plats et on s'attache très peu à eux, ils ont de toute façon une utilité très limité. Et Koridwen, l'héroïne, qui est quand même relativement badass et pourrait avoir un très bon capital sympathie, ne nous fait pas palpiter. Et puis toute cette histoire de Destin et d'élue a qui il ne peut rien arriver, ça sent un peu le réchauffé et ça enlève complètement l'aspect survie et palpitant de la chose, si tu dit que ton héroïne est protégée et que rien ne peut lui arriver tu casse un peu le suspense Yves...
Je pense que c'est le grand défaut des récits à la première personne, ils sont vraiment trop uniformes, et ça devient rébarbatif à force. Je, je, je, je, je...Je ne comprends pas cette fascination des auteurs à écrire leur récit à la première personne, alors oui, ça permet au lecteur de s'identifier plus facilement au narrateur / personnage principal, mais à quel prix sérieusement ? Le fait de devoir tout dire, plutôt que de montrer, cet espèce de monologue intérieur qui ne s'arrête jamais, ces "je" trente fois par page, cet égocentrisme et cette vision déformée des personnages qui gravitent autour du héros, c'est quand même compliqué à gérer, alors quand c'est mal fait ça se voit tout de suite.


Bref, si vous voulez lire U4, ne commencez pas par Koridwen, je vous conseillerais Yannis plutôt, un des personnage qui m'a le plus intrigué pendant sa brève apparition dans l'histoire de Koridwen, on le lit et vous me dites ce que vous en avez pensé ?

 

 

1 commentaire:

  1. […] de la dystopie. Hunger Games, Les Ames vagabondes (oui j’ose), Divergente, Le Labyrinthe ou, j’en parlais à la rentrée, U4. Des sagas haletantes, efficaces, avec de bonnes idées originales et des personnages féminins […]

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