lundi 24 avril 2017

La meilleure série HBO que t'aies jamais lue.



Je viens de finir de regarder Little Big Lies, une très bonne série sur la violence faite aux femmes (entre autres), une série HBO évidemment. Toujours hyper bien menée, excellents acteurs, excellente narration, une BO bien stylée, bref, une bonne série à regarder.





A peu près au même moment j'ai fini de lire Le Comte de Monte-Cristo, d'Alexandre Dumas. J'étais un peu en état de manque après être revenue au menu de ma liseuse en finissant le livre (tu crois quoi ? Que j'achète des classiques qui font 2000 pages alors que je peux les télécharger gratuitement?). Du coup, je me suis dis que j'allais regarder les différentes adaptations et puis faire une petite étude comparative, pour toi bébé.

Je me suis très vite arrêtée.

Déjà laisse tomber l'idée de regarder les films, comment tu veux résumer une épopée de cette ampleur en 2 heures, c'est impossible et ceux qui ont essayé de le faire je leur chie dessus d'avoir pris de telles libertés avec l’œuvre de Dumas, notamment toi Kevin Reynolds, réalisateur de La Vengeance de Monte Christo. Sans parler du fait que ce soit en anglais et que du coup ça manque un poil d'authenticité, le scénario est bâclé mais d'une force, je sais même pas si tu peux comprendre l'histoire, les personnages sont des caricatures d'eux mêmes et cette fin façon happy end à l'américaine : le vomi.

Petit florilège des moments
  • Le gardien du château d'If se prend pour Jack Randall (d'Outlander, suis un peu merde) et fouette Edmond chaque année, ben comme ça il garde une trace du temps qui passe hein !
  • Dans la cellule de l'abbé Faria il y a des meubles, des vêtements propres, des livres, des bâtons pour s'entraîner à l'épée, le privilège de l'âge je suppose et puis Faria il sait faire du feu avec ses cheveux comme ça lui et Edmond peuvent manger du rat à la broche.
  • Le comte de Monte Cristo débarque à Paris façon Jay Gatsby, il achète un mini Versailles, organise un bal et arrive en montgolfière, normal.
Autant te dire que j'étais un chouilla désapointée.
Après je suis passée à l'adaptation française à la plus populaire, celle avec Jean Marais en Monte Cristo, franchement c'était pas si terrible, y a pas mal de coupures mais ça se tient, il manque Maximilien Morel (aka l'amour de ma vie) mais je suppose qu'il est pas indispensable. En plus tout le monde a un peu la gouaille parisienne des années 50 alors c'est un rigolo.
Finalement j'ai regardé la mini série (3 épisodes ) avec Depardieu.

Salut, c'est Gégé


Et évidemment c'était l'adaptation la plus réussi et tu sais pourquoi ?
Parce que le Comte de Monte Cristo À LA BASE c'est un feuilleton publié dans le Journal des débats, un des journaux le plus diffusé, à l'époque. Et l'intégralité de l'oeuvre paraît petit à petit dans les pages du journal en trois saison sur quasiment 2 ans.
La force d'Alexandre Dumas c'est d'avoir réussi à garder l'attention de son lecteur sur le long cours, Monte Cristo c'est un peu comme Game of Thrones y a plein de petites sous intrigues et une multitude de personnages, certains que tu adore détester et d'autre que tu adores tout court, et dont on ne parle pas pendant plusieurs chapitres, alors tu continue de lire pour savoir ce qu'il leur est arrivé et comment ils vont s'en sortir.
C'est une écriture hyper poignante avec des dialogues qui sont juste formidables, j'ai rarement autant réagi à voix haute en lisant un livre.
Bref ma conclusion c'est de lire ce chef d'oeuvre en attendant qu'un réalisateur ait l'idée géniale de l'adapter en série.

mardi 7 mars 2017

Rebellions are built on hope, et les histoires d'amour aussi


Est ce qu'on peut être nostalgique de quelque chose qui est entrain de se passer ?

Ça faisait longtemps j'avais pas parlé du destin, non ?
Du coup j'y reviens, parce que qu'il le faut.


J'ai déjà parlé de Nicola Yoon, qui avait écrit cette petite pépite qu'est Everything Everything qui m'avait fait du bien quand j'avais mal. C'était son premier livre, le truc est un best seller et est entrain d'être adapté en film. Il y a des gens comme ça, à 43 ans ils écrivent un petit bouquin et on s'apperçoit qu'ils ont de l'or qui leur sort des doigts. Ça me rassure un peu pour être honnête, je me dis qu'il est jamais trop tard. 



Fin 2016, le deuxième (je dis deuxième parce que j'espère qu'il y en aura plein d'autres) roman de Nicola Yoon est parru au Royaume-Uni (où je vis en ce moment), je l'attendais de pied ferme et je l'ai acheté le jour de sa sortie, alors que j'avais loupé la sortie du nouveau Lockwood quelques mois plus tôt, shame on me. J'ai passé quelques jours à Edimbourg, juste avant les vacances de Noël, dans cette ville que j'aime tant, qui a cette ambiance si particulière à n'importe quel moment de l'année et qui résonnait à ce moment là de la magie de Noël. J'ai lu le roman lors de brève pauses dans des cafés d'où on peut garder un oeil sur l'impressionant chateau, depuis Calton Hill les cheveux au vent, le dos baigné de soleil, au bord de Water of Leith la rivière principale d'Edimbourg qui traverse Dean Village, ce micro quartier qui a l'air coincé entre le Moyen-Age et le XIXe siècle, ou encore dans mon lit, écoutant d'une oreille distraite les visites guidées menant les groupes de touristes à travers la venelle médiévale sur laquelle donnait l'appartement. A chaque fois que j'ouvrais le livre j'abandonais l'Écosse pour me retrouver au milieu de Manhattan, marchant d'un pas rapide derrière Daniel et Natasha. 



The Sun is Also a Star m'a fait penser à Before Sunrise pour l'aspect discussion itinérante, pour la romance (oui déso pas déso, c'est une histoire d'amour (mais pas que)), pour les différents sujets abordés.


Ce que j'ai remarqué et apprécié à propos de The Sun is Also a Star c'est qu'en construisant ses personnages et ses situations Nicola Yoon a déconstruit un gros paquet de clichés, de stéréotypes de genre et de ficelles souvent usées jusqu'à la corde (jeu de mots Ramucho).
Dès les 20 premières pages j'ai su que j'étais entrain de lire quelque chose de special, et après les 50 premières j'ai su que ça allait être un de mes livres préféré de 2016 et en refermant le livre je l'ai serré contre mon coeur parce que pfiou.
Natasha et Daniel sont drôles, bien construits, plein de défauts, ils paraissent vrais et familier. Leur histoire d'amour n'est qu'un prétexte pour aborder plein d'autres sujets, l'histoire, le racisme, la physique quantique, la famille, les attentes et l'espoir.
Et dans tout ça le destin qui s'insère dans la vie de ces deux ados, d'une façon qui semble attendue au départ mais qui va bousculer les personnages et puis toi aussi. Que tu sois plutôt comme Natasha où le cynisme et l'esprit cartésien règle ta vie ou plutôt comme Daniel romantique et ayant tendance à suivre tes tripes, ce roman va te mener par le bout du nez, même si tu crois pas que deux personnes peuvent être faites l'une pour l'autre, même si tu penses que le Destin c'est quelque chose qu'on construit a posteriori.
Bref, pour moi on l'a bien comprit, The Sun is Also a Star était complètement transcendant et je ne peux que le recommander. Par contre c'est pour l'instant réservé aux gens qui lisent l'anglais car le roman n'a pas encore de date de parution française, va harceler ton libraire pour savoir s'il a plus d'infos ou demande à Bayard Jeunesse, je vais pas tout te faire non plus.

lundi 20 février 2017

Le féminisme dans la littérature jeunesse et mon combat obstiné contre le sexisme

Je parlais dans une des listes précédentes de mon amour pour l'écriture et des fanfictions que j'écrivais quand j'avais 15 ans. Il m'arrive de relire ces trucs et aussi les posts de mes différents personnages féminins sur le jeu de rôle textuel auquel je participe de façon plus ou moins sporadique depuis une dizaine d'année (HP Hogwarts, big up). Si on laisse de côté les fautes d'orthographe on peut considérer que j'avais déjà à l'époque mon petit style bien à moi, qui a évolué avec le temps. Et aussi, et c'est bien malheureux, tout le sexisme intégré dont je faisais preuve à l'époque. 



C'est chaud de se rendre compte des horribles conneries qu'on pouvait penser à cette époque là. Et c'est aussi terrible de penser que si moi j'ai évolué et j'ai été éduquée au féminisme (et pour ça, je pense que je ne remerciai jamais assez le site Madmoizelle, espèce d'étendard féministe dans le ciel de magazine féminin rétrograde comme Jeune et Jolie ou autre daube genre Grazia) d'autres ont gardé ces réflexes dégradants, ceux qui t'ont été patiemment inculqués depuis le plus jeune âge sur la place de la femme et que tu ressort sans même t'en rendre compte. Du coup ça me fait toujours zizir quand je tombe par hasard sur un livre un tantinet féministe  et conscient de l'être qui plus est. 





J'ai découvert les romans de Holly Bourne en arrivant en Angleterre avec What's a Girl Gotta Do ? (littéralement "Qu'est ce qu'une fille doit faire?") qui est le troisième tome de la série du Spinster club, mais ils se lisent indépendamment sans soucis. Au lycée, Evie, Amber et Lottie se lance dans la lutte féministe et créé le club des vieilles filles. Après une journée particulièrement difficile où Lottie subi de manière quasi acharnée le sexisme plus ou moins ordinaire d'inconnus ou de camarades, elle décide de se transformer en défenseure féministe acharnée  en créant le Project Vagilance (Vagin/Vigilance) où elle sera obligée de pointer du doigt quoique ce soit qui est injuste pour l'un ou l'autre genre, la publicité, la musique, les comportements arriérés de certains de ses camarades, les petites choses qui n'ont l'air de rien. Un projet épuisant qui va interférer avec sa vie perso car elle se rend compte que par habitude , par choix, par la force des choses, on ferme les yeux sur de nombreux comportement à problème.
Si tu n'es pas déjà sensibilisé à la cause féministe peut être que ce roman va te paraître un peu extrémiste. Mais ce combat est important, parce que beaucoup beaucoup de gens ne se rende pas compte à quel point il est nécessaire.



Rien qu'hier soir j'ai eu une discussion passionnée avec mon frère parce qu'il avait balancé une citation de Sonia Rykiel "une femme n'a jamais assez de chaussure" et soutenait mordicus que c'était vrai que les femmes avaient une passion pour l'achat de fringues ou de chaussures, toutes les femmes, comme si c'était quelque chose de génétique.
Après m'avoir traité de feminazi et de complotiste qui voyait du sexisme là où il n'était pas, il a avoué qu'il n'était pas féministe parce que "les hommes aussi souffre du sexisme", alors que bon le féminisme s'intéresse aussi à la façon dont le sexisme affecte les hommes. Le sexisme touche aussi les homme, mais beaucoup moins que les femmes, et souvent le sexisme qui touche les hommes est lié au femmes. Les hommes ne sont pas agressés sexuellement autant que les femmes, ils ne sont pas autant victime de violence domestique. Les hommes ne gagnent pas moins d'argent parce qu'ils sont des hommes. Les hommes ne se heurtent pas au plafond de verre, n'ont pas plus de difficulté à atteindre des postes à responsabilités parce qu'ils sont des hommes. Les hommes ne voient pas leurs opinions laissées de côté ou étiqueté comme "hystérique" ou si jamais ils ont des émotions, on leur demande pas s'ils ont leurs règles. Les hommes n'ont pas de nombreuses lois qui contrôle leur corps ou leur sexualité.
Oui la place des hommes est moins importante dans le combat féministe, parce que nous sommes dans une société patriarcal, dont les hommes dans leur grande majorité bénéficient, alors que les femmes sont lésées. Et qu'il paraît donc logique de se focaliser sur le groupe qui a le plus besoin d'égalité.

Bref je pourrais vociférer sur la nécessité du féminisme pendant des heures, mais je vais m'arrêter là, j'ai pas envie de te perdre. Lis le Spinster club, tu verras c'est vachement bien, et puis drôle surtout !

jeudi 8 septembre 2016

Une semaine de cinq heures, la liste de l'auto-amélioration

(c) Sara's Scribbles

Je suis repartie en tant que jeune fille au pair pour plusieurs raisons, que je ne vais pas te citer dans leur intégralité parce qu'il y en a pas mal, que c'est un peu perso et que j'ai, pour une fois, pas envie de te raconter ma vie. Mais en bref, je voulais avoir du temps pour moi, je voulais pouvoir apprendre de nouvelles choses sur moi, pour bosser sur des projets perso que j'ai délaissé pendant trop longtemps pour plusieurs raison, la plus importante étant la procrastination... Ce truc me fait certainement perdre 90% de ma productivité et de mon temps libre. Ici, mes journées sont réglées en fonction de l'enfant, ce qui signifie qu'entre 13h30 et 16h, j'ai un trou où elle fait la sieste. Une pause, où je pourrais zoner sur internet, mais que j'ai décidé d'utiliser à bon escient.
Voici donc la liste des cinq choses pour devenir un moi un peu plus chouette

Écrire

Bin sûr j'écris pour le blog, mais mon besoin de poser les choses sur papier ne date pas d'hier. J'adore raconter des histoires et écrire. En témoigne les journaux intimes tenus de 14 à 17 ans, vaguement cachés au fond d'une armoire chez mes parents ou les fanfictions Harry Potter, qui sont encore trouvable sur internet si on sait où chercher (je n'en dirait pas plus, j'assume carrément plus). C'est pas de la grande littérature, c'est très approximatif, rempli de fautes et de clichés et de sexisme latent (le pire à relire).
J'ai plein d'histoires en tête, notamment ce roman que j'avais commencé en master à l'occasion du cours d'écriture créative qu'on avait eu la chance de suivre avec Thomas Lavachery. Je me remets dedans sérieusement, mon problème c'est d'aller dans les détails, l'histoire est déjà hyper bien dégrossie j'ai tout le synopsis il faut "juste" entrer dans le vif du sujet.
J'aime bien écouter les conseils de Linda Barsi, qui a fait toute une série de vlog sur l'écriture, vraiment très intéressant et motivant.
Avec un peu de chance je vais peut-être même participer sérieusement au NaNoWriMo



Faire du sport

Et pas faire genre "non mais je fais du yoga chez moi", c'est faux, j'étale mon tapis je fais une salutation au soleil et après je prends mon petit dej en tailleur en regardant le replay des Reines du Shopping.
Je voulais pas non plus aller à la piscine, la piscine c'est pas un sport où tu rencontre des gens, à la limite t'y va avec tes potes le dimanche après midi. Je veux faire un sport d'équipe. Un truc où je peux rencontrer des gens.
Depuis que j'ai vu Bliss/Whipe it pour les anglophones, je suis un peu en amour du roller derby, je connais les règles du jeu, j'ai déjà assisté à des matchs et tout et je trouve les filles qui pratiquent ce sport tellement badass. Mais j'avais peur, je suis pas la meuf la plus sportive de la planète, ni avec la meilleur coordination. Mais j'ai décidé de me lancer, c'était ça où le Quidditch. Et en vrai, c'est trop bien.
ma team \o/

Apprendre à jouer d'un instrument

Ça a jamais été dans mes priorités quand j'étais petite de savoir jouer d'un instrument, même chanter c'est complètement au dessus de mes capacités. Ça ne m'empêchais pas de massacrer Hello d'Adèle lors des soirées karaokés au village vacances où j'ai bossé cet été, rassure toi bien. Mais quand même être capable de produire une mélodie c'est quand même un truc un peu magique. Mon prochain achat sera un ukulele, je commence petit, je sais pas si ça veut dire que ce sera facile, à mon avis on tablera plus sur du par coeur qu'autre chose mais si je peux me la péter un peu en soirée en jouant Somewhere over the rainbow (sans chanter évidemment) ce sera déjà pas mal.

Peindre, dessiner

Il fut un temps où je voulais être illustratrice (ahahah).
Je dessine encore un peu, mais pour des occasions, genre quand j'ai envie de faire une carte un peu personnalisée ou quoi. Cet été je me suis remise à la peinture, à la gouache, on fait avec les moyens du bord, et j'ai grave kiffé. En plus mon Host Dad est aussi un artiste et il a des caisses pleines d'aquarelle de méga bonne qualité, alors ça tombe plutôt bien.
moi


Apprendre une nouvelle langue

La franchement je pense que c'est mon plus gros challenge, je suis tellement conforté par le fait de parler super bien anglais que je me dis qu'apprendre une nouvelle langue va être a piece of cake c'est très probablement faux. Et tous les quarts d'heures que je pourrais passer sur duo linguo n'y changeront probablement pas grand chose. Il va falloir que je rentre dans le vif du sujet et que je me trouve un partenaire de conversation qui voudra bien accepter mon niveau d'hyper débutant. Au niveau du choix de la langue je me tâte encore un peu : italien (utilité, quasi nulle, mais plus facile à apprendre parce que proche du français et de l'espagnol) ou allemand (un peu plus grande utilité mais là pour le coup on part de zéro)...

Dis moi, c'est quoi tes bonnes résolutions pour la rentrée ?

lundi 5 septembre 2016

Les déclarations d'amour à la con, le mysterious brooding dream boy et les relations de couple des millennials


A*****e,
Je t'aime beaucoup.
Je me doute que ça tombe un peu comme un cheveux sur la soupe, ce genre de déclaration qui sort un peu de nul part. Mais j'avais envie de te dire les choses comme je les ressens, pour plusieurs raisons. Premièrement, je crois fermement qu'on devrait toujours dire ce qu'on a sur le cœur, surtout quand c'est agréable, et c'est mon cas, je sais qu'on se connaît finalement assez peu, mais ce que je connais de toi, je l'aime et j'aimerais découvrir plus de choses, j'aimerais savoir si tu préfère le café, le thé ou le chocolat, si avant de t'endormir le soir tu te repasse le film de ta journée ou si tu sombre immédiatement dans le sommeil, j'aimerais savoir qu'est ce que ça fait quand tu es euphorique, impatient, fatigué, piqué au vif, tendre, j'aimerais continuer à parler décroissance, littérature et voyage avec toi et voir où tout ça nous emmène. Deuxièmement je le fais par pur égoïsme, parce que j'en ai marre d'entendre ça tourner à l'intérieur de moi, qu'il faut que ça sorte, qu'il est nécessaire que tu sache. Je fais ça pour moi, pas pour toi, pas pour avoir une réponse, pas pour t'embêter, pour me soulager, parce que je me le dis et que je me suis dit que peut-être tu serais intéressé de savoir. J'ai l'impression de marcher sur des œufs avec toi et en même temps de pouvoir être complètement moi même, c'est étrange n'est ce pas ? Enfin, tu es la plus chouette rencontre que j'ai fait depuis un moment, ta prévenance, ta gentillesse, ta culture, ton intelligence et ta sincérité m'ont touché, elles me plaisent, et je pense qu'on a tous besoin d'être honnêtement complimenté de temps à autre. J'apprécie ces moments qu'on a pu passer ensemble, j'aimerais qu'ils soient plus nombreux, j'aimerais qu'ils soient plus intimes. Je voudrais être plus que ton amie. Dans un de tes messages tu as dis « en ce moment je ne suis pas dans le bon état d'esprit pour te promettre un rdv amoureux » alors j'ai dit ok, mais sache qu'une partie de moi espère toujours et elle peut être très patiente. .Je reste tout à fait saine d'esprit sinon et je me rend compte de l'incongruité que peut avoir cette missive.
Je t'embrasse, joyeuses fêtes.
Mélanie

Et ouais, je commence comme ça, je te mets directement mal à l'aise, j'affiche mon pauvre petit coeur en étendard de cet article. J'avais pas douze ans quand j'ai écris ça, c'était en décembre dernier. C'est con, hein ? c'est le genre de truc qu'on fait quand on est ado, et puis après on apprend, après on sait. Les déclarations d'amour c'est gênant, c'est comme quand ton chat t'apporte le cadavre à moitié mangé d'une souris et le dépose avec soin sur ton oreiller. Tu vois qu'il a fait un effort vraiment, c'est touchant hein, merci le chat, mais qu'est ce que tu veux que je foute de ce truc sanguinolent ?
Les déclarations d'amour souvent ça fait tout foirer, souvent ça fait peur. Toi ton coeur il déborde, il peut plus contenir tous ces sentiments alors tu veux partager, tu veux savoir si le coeur de l'autre déborde aussi en pensant à toi.



Quand j'ai lu Songe à la douceur de Clémentine Beauvais, j'ai vu dans les flashback, le coeur de Tatiana se remplir doucement, accumuler les raisons d'y faire de la place pour Eugène, jusqu'à déborder, jusqu'à vouloir elle aussi partager ses sentiments avec lui. Idée à la con.

Oh la la tout ce que je pourrais te raconter sur ce Songe à la douceur, tu te rends pas compte, comme ce livre ma touché, comme cette histoire m'a parlé, comme si le texte c'était chuchoté à moi.

Il y a tellement de choses à propos de ce texte dont j'ai envie de te parler, mais je vais me contenir un peu, parce que j'ai envie que tu le découvre comme je l'ai fait, que tu sois surpris(e). Que toute les deux pages une phrase te touche en plein coeur, que le crayon levé tu soulignes tes citations préférée, que tu te dises que quand même, il y a des gens qui manient les mots avec de la magie, qui arrivent à prendre des mots normaux, des mots que tu connais, qui sont pas plus époustouflant que ça, et à les transformer pour faire quelque chose d'unique.

C'est pas étonnant - quand on y réfléchit - que ce texte m'ait plu. Il a prit la liste des choses qui me touche et méthodiquement, tranquillement, il les a coché les unes après les autres.

Songe à la douceur
reprend le pitch de Eugène Onéguine de Pouchkine, et s'il y a bien un truc que j'aime par dessus tout, c'est bien la littérature romantique russe. Guerre et Paix, Anna Karénine, La Mouette, moyen sûr et efficace de faire exploser mon pauvre petit coeur.

Kostia et Kitty dans Anna Karénine





Eugène est un mysterious brooding dream boy, un peu le pendant masculin de la manic pixie dream girl. Oui, Eugène adolescent est un cliché. Le mec un peu je m'en foutiste, le mec qui n'aime pas grand chose, celui qui aime bien se donner un genre. Le mysterious brooding dream boy est parfois un sale con déguisé, parce qu'il a de la culture, parce qu'il est intéressant, parce qu'il est vraiment très beau, l'héroïne passe au dessus du fait qu'il est peut être pas forcément honnête, toi aussi t'as remarqué comment on faisait plus facilement confiance aux gens beaux, ben là c'est pareil. C'est comme Lockwood (Lockwood & Co), comme Bo Larson (Miss Dumplin), comme Evan Walker (La Cinquième vague). Je peux encore continuer, mais je pense que t'as compris le principe. C'est pas vraiment un bad boy, mais pas un gentil garçon non plus. Et autant il y a des clichés qui me casse les couilles, autant celui là je ne m'en suis pas encore lassé. Sûrement parce que dans la vraie vie les MBDB je les attire.



Bien qu'étant une réécriture d'un roman du XIXe siècle Songe à la douceur arrive à parler avec une grande justesse d'un sujet qui me passionne et sur lequel je lis absolument tout et n'importe quoi (mais souvent des trucs intéressants): les relations de couple des millennials, la génération Y si tu préfère, ma génération. Parce que je sais pas pour toi, mais je trouve que c'est quand même pas facile tout ça. Aziz Ansari en parle dans son excellent essai Modern Romance. On a tellement changé nos habitudes de "dating" en l'espace d'une vingtaine d'années, que c'est à la fois devenu plus facile mais en même temps plein de complications. Je te laisse lire Modern Romance pour plus de précision, où regarder Master of None, ou regarder le Live at Madison Square Garden d'Aziz Ansari (dispo sur Netflix). Et Clémentine Beauvais décrit tout ça avec une justesse infinie. Clairement, si tu es dans cette âge complètement pourri, si tu es un "jeune adulte", ce roman devrait te plaire.

Songe à la douceur, Clémentine Beauvais, éd. Sarbacane, 15.50

jeudi 1 septembre 2016

La liste de la torture imposée par Bristish Airways



Mardi j'ai quitté mon appartement quasi parisien pour venir m'installer au Royaume-Uni, ça a demandé de faire des choix dans les 23kg de bagage en soute qui allait m'accompagner. J'ai une pile à lire haute comme un enfant de deux ans et je ne pouvais décemment pas me permettre de tous les prendre avec moi, hélas. Ça a été un choix Cornélien, peut être que tu en aurais fait un autre, peut être que d'ici quelques semaines, mois, je vais le regretter. Par exemple j'ai choisi de ne pas emporter mes livres préférés, exit Les Trois mousquetaires, la Cloche de détresse ou Humains (l'intégral d'Harry Potter est sur ma liseuse, c'est déjà ça). Aussi j'ai choisi de prendre avec moi des tout-carton pour le bébé dont je vais m'occuper, idée à la con parce qu'elle à quinze mois et que si le livre est dépourvu de flaps ou de pastille musicale ça pourrait être un catalogue Ikea qu'elle s'en foutrait pareil. Du coup il me restait environ six ou sept romans à choisir parmi ma vingtaine de "en attente".



J'ai pris Titus n'aimait pas Bérénice de Nathalie Azoulay, parce que je l'avais commencé et que c'était pas mal, je mourrais pas forcément d'envie de connaître la fin, c'est pas vraiment ce genre de livre, mais c'était bien écrit alors voilà, il est venu.

J'ai pris Anima de Wajdi Mouawad, alors que le théâtre j'apprécie de le voir mais moyennement de le lire, mais bon, c'est le mec qui a fait cette merveille qu'est Incendies, donc bon, ça doit pouvoir se lire...

J'ai pris La Langue des bêtes de Stephane Servant, parce que ça fait un an que je me dis "faudrait que je le lise quand même, il a l'air vachement bien".

J'ai pris Voyage excentrique et ferroviaire autour du Royaume-Uni de Paul Theroux, parce qu'on me l'avait offert avant que je parte en Écosse en juin, que j'avais pas pu l'emporter avec moi et que ça intrigue l'aventurière en moi.

J'ai pris Tu ne sais rien de l'amour, de Mikael Ollivier, pour le côté nostalgique, quand j'étais au collège, Mikael Ollivier c'était mon idole.

J'ai pris Dieu me déteste d'Hollis Seamon, parce que le titre me fait marrer.

Et j'ai pris Songe à la douceur de Clémentine Beauvais (comme l'aéroport) parce que je suis victime du marketing et que tout la blogosphère de la littérature jeunesse n'a que ce titre à la bouche depuis juin. Une réécriture d'Eugène Onéguine mais toujours en vers, tu le sens le truc casse gueule ? Ben non, parce que Clémentine Beauvais est un petit génie de l'écriture, voilà pourquoi.

mercredi 8 juin 2016

La liste complètement arbitraire des cinq livres que j'ai pris avec moi en trek dans les Highlands

1. Un bon page turner pour la journée de voyage 
Entre le métro, le bus, la salle d'embarquement, l'avion,le bus et la soirée seulabre à l'auberge de vieillesse, il me fallait un bouquin un peu engageant, le genre de livre où il se passe des trucs, contrairement à ma journée d'attente, de transfert et de voyage.
J'ai pas pris trop de risques en choisissant de lire le troisième tome des aventures de Lockwood, George et Lucy. Vu à quel point j'étais accro aux deux premiers.
Jonathan Stroud sait écrire le suspens, l'horreur et la répartie cinglante. Lockwood & Co. tome 3 a satisfait toutes mes attentes, un très bon roman d'aventure et d'enquête avec ce petit quelque chose de glaçant qui te fera brutalement fermer le livre en disant " je peux pas,j'ai trop peur" avant de reprendre ta lecture.

2. Un classique qui envoie toujours du pâté 
Si tu ne le sais pas encore, sache que mon livre préféré de la vie (après Harry Potter, ne nous leurrons pas) c'est Les Trois Mousquetaires D'Alexandre Dumas. J'ai lu aussi, Vingt ans après et Le Vicomte de Bragelonne, mais rien d'autre. Le souvenir d'Athos, Portos, Aramis et d'Artagnan et de leurs aventures m'a poussé à choisir Le Comte de Monte Christo. Je ne sais pas grand chose de ce livre, je n'ai vu aucune des adaptations filmiques, ma connaissance du pitch est certainement emmêlé avec celle des Misérables, du coup j'y allais un peu à reculons, espérant seulement que le roman soit, sinon aussi bien que les Trois Mousquetaires, au moins dans la même veine. J'en suis encore dans la première partie du roman, mais j'adore et surtout, j'ai un énorme crush sur Edmond Dantès, voilà, maintenant tu sais tout.

3. Un essai sur l'amour, parce que je suis une putain de fleur bleue
J'adore lire des articles, des livres, regarder des films et des séries, qui analysent les relations amoureuses. Je sais pas, je me dis que plus j'en sais, mieux j'arriverai à l'appréhender... Je t'avoue que pour l'instant ça n'a pas encore porté ses fruits.
J'y crois à mort.
Récemment je me suis vraiment retrouvée dans certains thèmes de la fabuleuse série d'Aziz Ansari: Master of None.
Alors que bon, au départ Aziz Ansari c'est juste ce mec drôle et un peu pété de Parks & Rec. Sauf que ce mec drôle et un peu pété à un vrai talent d'auteur et surtout un regard critique extrêmement intéressant sur la société actuelle. Je te conseille vraiment ses spectacles de stand-up qui, en plus d'être d'une drôlerie absolument fabuleuse, abordent des sujets importants comme le féminisme, le racisme ou ce dont je parlais dans un un article précédent: the fear of missing out (FOMO pour ceux qui suivent dans le fond). Du coup je me suis procuré Modern Romance, l'essai D'Aziz Ansari sur les relations amoureuses à notre époque, j'ai pas encore commencé, mais j'ai particulièrement hâte.

4. La conclusion d'une trilogie passionnante 
La non plus, je prends pas beaucoup de risques, mais c'était ça ou relire Harry Potter et je me suis dit qu'en deux semaines ça allait peut-être faire un peu short.
Le troisième tome de la saga La Cinquième Vague est sorti en français il y a à peine deux semaines, vu le Cliffhanger auquel on avait eu droit à la fin du tome deux, tu te doutes bien que j'étais quand même un peu obligée de lire le troisième tome. Surtout que, contrairement à Divergente ou au Labyrinthe, qui vont en s'appauvrissant au fil des tomes, La Cinquième Vague monte en puissance. Le deuxième tome donne à voir un aspect psychologique fouillé qui fait se questionner les personnages et le lecteur, ça fonctionne du tonnerre. J'ai hâte de voir si la série se finit en apothéose ou retombe mollement comme un soufflé raté.

5. Une histoire d'enfant maladif, parce que TMTC 
J'aime beaucoup les livres de Monsieur Toussaint L'ouverture. La ligne éditoriale est très forte, les romans sont peu nombreux et l'objet en lui même est toujours très beau. J'ai en ma possession La Maison dans laquelle, dans laquelle je progresse lentement. Comme le truc est aussi énorme qu'un pavé, ça limite un peu ses possibilités d'être dans mon sac à main pour un break lecture improvisé. Non, j'ai prix avec moi la dernière parution de Monsieur Toussaint L'ouverture, Le soins à la personne revu et corrigé (ou quelque chose comme ça).  L'histoire d'un type un peu loser qui se retrouve à s'occuper d'un ados en fauteuil. Autant te dire que je m'en réjouis d'avance.

Et toi, tu prends quoi comme livre avec toi quand tu pars en vacances ?