jeudi 8 septembre 2016

Une semaine de cinq heures, la liste de l'auto-amélioration

(c) Sara's Scribbles

Je suis repartie en tant que jeune fille au pair pour plusieurs raisons, que je ne vais pas te citer dans leur intégralité parce qu'il y en a pas mal, que c'est un peu perso et que j'ai, pour une fois, pas envie de te raconter ma vie. Mais en bref, je voulais avoir du temps pour moi, je voulais pouvoir apprendre de nouvelles choses sur moi, pour bosser sur des projets perso que j'ai délaissé pendant trop longtemps pour plusieurs raison, la plus importante étant la procrastination... Ce truc me fait certainement perdre 90% de ma productivité et de mon temps libre. Ici, mes journées sont réglées en fonction de l'enfant, ce qui signifie qu'entre 13h30 et 16h, j'ai un trou où elle fait la sieste. Une pause, où je pourrais zoner sur internet, mais que j'ai décidé d'utiliser à bon escient.
Voici donc la liste des cinq choses pour devenir un moi un peu plus chouette

Écrire

Bin sûr j'écris pour le blog, mais mon besoin de poser les choses sur papier ne date pas d'hier. J'adore raconter des histoires et écrire. En témoigne les journaux intimes tenus de 14 à 17 ans, vaguement cachés au fond d'une armoire chez mes parents ou les fanfictions Harry Potter, qui sont encore trouvable sur internet si on sait où chercher (je n'en dirait pas plus, j'assume carrément plus). C'est pas de la grande littérature, c'est très approximatif, rempli de fautes et de clichés et de sexisme latent (le pire à relire).
J'ai plein d'histoires en tête, notamment ce roman que j'avais commencé en master à l'occasion du cours d'écriture créative qu'on avait eu la chance de suivre avec Thomas Lavachery. Je me remets dedans sérieusement, mon problème c'est d'aller dans les détails, l'histoire est déjà hyper bien dégrossie j'ai tout le synopsis il faut "juste" entrer dans le vif du sujet.
J'aime bien écouter les conseils de Linda Barsi, qui a fait toute une série de vlog sur l'écriture, vraiment très intéressant et motivant.
Avec un peu de chance je vais peut-être même participer sérieusement au NaNoWriMo



Faire du sport

Et pas faire genre "non mais je fais du yoga chez moi", c'est faux, j'étale mon tapis je fais une salutation au soleil et après je prends mon petit dej en tailleur en regardant le replay des Reines du Shopping.
Je voulais pas non plus aller à la piscine, la piscine c'est pas un sport où tu rencontre des gens, à la limite t'y va avec tes potes le dimanche après midi. Je veux faire un sport d'équipe. Un truc où je peux rencontrer des gens.
Depuis que j'ai vu Bliss/Whipe it pour les anglophones, je suis un peu en amour du roller derby, je connais les règles du jeu, j'ai déjà assisté à des matchs et tout et je trouve les filles qui pratiquent ce sport tellement badass. Mais j'avais peur, je suis pas la meuf la plus sportive de la planète, ni avec la meilleur coordination. Mais j'ai décidé de me lancer, c'était ça où le Quidditch. Et en vrai, c'est trop bien.
ma team \o/

Apprendre à jouer d'un instrument

Ça a jamais été dans mes priorités quand j'étais petite de savoir jouer d'un instrument, même chanter c'est complètement au dessus de mes capacités. Ça ne m'empêchais pas de massacrer Hello d'Adèle lors des soirées karaokés au village vacances où j'ai bossé cet été, rassure toi bien. Mais quand même être capable de produire une mélodie c'est quand même un truc un peu magique. Mon prochain achat sera un ukulele, je commence petit, je sais pas si ça veut dire que ce sera facile, à mon avis on tablera plus sur du par coeur qu'autre chose mais si je peux me la péter un peu en soirée en jouant Somewhere over the rainbow (sans chanter évidemment) ce sera déjà pas mal.

Peindre, dessiner

Il fut un temps où je voulais être illustratrice (ahahah).
Je dessine encore un peu, mais pour des occasions, genre quand j'ai envie de faire une carte un peu personnalisée ou quoi. Cet été je me suis remise à la peinture, à la gouache, on fait avec les moyens du bord, et j'ai grave kiffé. En plus mon Host Dad est aussi un artiste et il a des caisses pleines d'aquarelle de méga bonne qualité, alors ça tombe plutôt bien.
moi


Apprendre une nouvelle langue

La franchement je pense que c'est mon plus gros challenge, je suis tellement conforté par le fait de parler super bien anglais que je me dis qu'apprendre une nouvelle langue va être a piece of cake c'est très probablement faux. Et tous les quarts d'heures que je pourrais passer sur duo linguo n'y changeront probablement pas grand chose. Il va falloir que je rentre dans le vif du sujet et que je me trouve un partenaire de conversation qui voudra bien accepter mon niveau d'hyper débutant. Au niveau du choix de la langue je me tâte encore un peu : italien (utilité, quasi nulle, mais plus facile à apprendre parce que proche du français et de l'espagnol) ou allemand (un peu plus grande utilité mais là pour le coup on part de zéro)...

Dis moi, c'est quoi tes bonnes résolutions pour la rentrée ?

lundi 5 septembre 2016

Les déclarations d'amour à la con, le mysterious brooding dream boy et les relations de couple des millennials


A*****e,
Je t'aime beaucoup.
Je me doute que ça tombe un peu comme un cheveux sur la soupe, ce genre de déclaration qui sort un peu de nul part. Mais j'avais envie de te dire les choses comme je les ressens, pour plusieurs raisons. Premièrement, je crois fermement qu'on devrait toujours dire ce qu'on a sur le cœur, surtout quand c'est agréable, et c'est mon cas, je sais qu'on se connaît finalement assez peu, mais ce que je connais de toi, je l'aime et j'aimerais découvrir plus de choses, j'aimerais savoir si tu préfère le café, le thé ou le chocolat, si avant de t'endormir le soir tu te repasse le film de ta journée ou si tu sombre immédiatement dans le sommeil, j'aimerais savoir qu'est ce que ça fait quand tu es euphorique, impatient, fatigué, piqué au vif, tendre, j'aimerais continuer à parler décroissance, littérature et voyage avec toi et voir où tout ça nous emmène. Deuxièmement je le fais par pur égoïsme, parce que j'en ai marre d'entendre ça tourner à l'intérieur de moi, qu'il faut que ça sorte, qu'il est nécessaire que tu sache. Je fais ça pour moi, pas pour toi, pas pour avoir une réponse, pas pour t'embêter, pour me soulager, parce que je me le dis et que je me suis dit que peut-être tu serais intéressé de savoir. J'ai l'impression de marcher sur des œufs avec toi et en même temps de pouvoir être complètement moi même, c'est étrange n'est ce pas ? Enfin, tu es la plus chouette rencontre que j'ai fait depuis un moment, ta prévenance, ta gentillesse, ta culture, ton intelligence et ta sincérité m'ont touché, elles me plaisent, et je pense qu'on a tous besoin d'être honnêtement complimenté de temps à autre. J'apprécie ces moments qu'on a pu passer ensemble, j'aimerais qu'ils soient plus nombreux, j'aimerais qu'ils soient plus intimes. Je voudrais être plus que ton amie. Dans un de tes messages tu as dis « en ce moment je ne suis pas dans le bon état d'esprit pour te promettre un rdv amoureux » alors j'ai dit ok, mais sache qu'une partie de moi espère toujours et elle peut être très patiente. .Je reste tout à fait saine d'esprit sinon et je me rend compte de l'incongruité que peut avoir cette missive.
Je t'embrasse, joyeuses fêtes.
Mélanie

Et ouais, je commence comme ça, je te mets directement mal à l'aise, j'affiche mon pauvre petit coeur en étendard de cet article. J'avais pas douze ans quand j'ai écris ça, c'était en décembre dernier. C'est con, hein ? c'est le genre de truc qu'on fait quand on est ado, et puis après on apprend, après on sait. Les déclarations d'amour c'est gênant, c'est comme quand ton chat t'apporte le cadavre à moitié mangé d'une souris et le dépose avec soin sur ton oreiller. Tu vois qu'il a fait un effort vraiment, c'est touchant hein, merci le chat, mais qu'est ce que tu veux que je foute de ce truc sanguinolent ?
Les déclarations d'amour souvent ça fait tout foirer, souvent ça fait peur. Toi ton coeur il déborde, il peut plus contenir tous ces sentiments alors tu veux partager, tu veux savoir si le coeur de l'autre déborde aussi en pensant à toi.



Quand j'ai lu Songe à la douceur de Clémentine Beauvais, j'ai vu dans les flashback, le coeur de Tatiana se remplir doucement, accumuler les raisons d'y faire de la place pour Eugène, jusqu'à déborder, jusqu'à vouloir elle aussi partager ses sentiments avec lui. Idée à la con.

Oh la la tout ce que je pourrais te raconter sur ce Songe à la douceur, tu te rends pas compte, comme ce livre ma touché, comme cette histoire m'a parlé, comme si le texte c'était chuchoté à moi.

Il y a tellement de choses à propos de ce texte dont j'ai envie de te parler, mais je vais me contenir un peu, parce que j'ai envie que tu le découvre comme je l'ai fait, que tu sois surpris(e). Que toute les deux pages une phrase te touche en plein coeur, que le crayon levé tu soulignes tes citations préférée, que tu te dises que quand même, il y a des gens qui manient les mots avec de la magie, qui arrivent à prendre des mots normaux, des mots que tu connais, qui sont pas plus époustouflant que ça, et à les transformer pour faire quelque chose d'unique.

C'est pas étonnant - quand on y réfléchit - que ce texte m'ait plu. Il a prit la liste des choses qui me touche et méthodiquement, tranquillement, il les a coché les unes après les autres.

Songe à la douceur
reprend le pitch de Eugène Onéguine de Pouchkine, et s'il y a bien un truc que j'aime par dessus tout, c'est bien la littérature romantique russe. Guerre et Paix, Anna Karénine, La Mouette, moyen sûr et efficace de faire exploser mon pauvre petit coeur.

Kostia et Kitty dans Anna Karénine





Eugène est un mysterious brooding dream boy, un peu le pendant masculin de la manic pixie dream girl. Oui, Eugène adolescent est un cliché. Le mec un peu je m'en foutiste, le mec qui n'aime pas grand chose, celui qui aime bien se donner un genre. Le mysterious brooding dream boy est parfois un sale con déguisé, parce qu'il a de la culture, parce qu'il est intéressant, parce qu'il est vraiment très beau, l'héroïne passe au dessus du fait qu'il est peut être pas forcément honnête, toi aussi t'as remarqué comment on faisait plus facilement confiance aux gens beaux, ben là c'est pareil. C'est comme Lockwood (Lockwood & Co), comme Bo Larson (Miss Dumplin), comme Evan Walker (La Cinquième vague). Je peux encore continuer, mais je pense que t'as compris le principe. C'est pas vraiment un bad boy, mais pas un gentil garçon non plus. Et autant il y a des clichés qui me casse les couilles, autant celui là je ne m'en suis pas encore lassé. Sûrement parce que dans la vraie vie les MBDB je les attire.



Bien qu'étant une réécriture d'un roman du XIXe siècle Songe à la douceur arrive à parler avec une grande justesse d'un sujet qui me passionne et sur lequel je lis absolument tout et n'importe quoi (mais souvent des trucs intéressants): les relations de couple des millennials, la génération Y si tu préfère, ma génération. Parce que je sais pas pour toi, mais je trouve que c'est quand même pas facile tout ça. Aziz Ansari en parle dans son excellent essai Modern Romance. On a tellement changé nos habitudes de "dating" en l'espace d'une vingtaine d'années, que c'est à la fois devenu plus facile mais en même temps plein de complications. Je te laisse lire Modern Romance pour plus de précision, où regarder Master of None, ou regarder le Live at Madison Square Garden d'Aziz Ansari (dispo sur Netflix). Et Clémentine Beauvais décrit tout ça avec une justesse infinie. Clairement, si tu es dans cette âge complètement pourri, si tu es un "jeune adulte", ce roman devrait te plaire.

Songe à la douceur, Clémentine Beauvais, éd. Sarbacane, 15.50

jeudi 1 septembre 2016

La liste de la torture imposée par Bristish Airways



Mardi j'ai quitté mon appartement quasi parisien pour venir m'installer au Royaume-Uni, ça a demandé de faire des choix dans les 23kg de bagage en soute qui allait m'accompagner. J'ai une pile à lire haute comme un enfant de deux ans et je ne pouvais décemment pas me permettre de tous les prendre avec moi, hélas. Ça a été un choix Cornélien, peut être que tu en aurais fait un autre, peut être que d'ici quelques semaines, mois, je vais le regretter. Par exemple j'ai choisi de ne pas emporter mes livres préférés, exit Les Trois mousquetaires, la Cloche de détresse ou Humains (l'intégral d'Harry Potter est sur ma liseuse, c'est déjà ça). Aussi j'ai choisi de prendre avec moi des tout-carton pour le bébé dont je vais m'occuper, idée à la con parce qu'elle à quinze mois et que si le livre est dépourvu de flaps ou de pastille musicale ça pourrait être un catalogue Ikea qu'elle s'en foutrait pareil. Du coup il me restait environ six ou sept romans à choisir parmi ma vingtaine de "en attente".



J'ai pris Titus n'aimait pas Bérénice de Nathalie Azoulay, parce que je l'avais commencé et que c'était pas mal, je mourrais pas forcément d'envie de connaître la fin, c'est pas vraiment ce genre de livre, mais c'était bien écrit alors voilà, il est venu.

J'ai pris Anima de Wajdi Mouawad, alors que le théâtre j'apprécie de le voir mais moyennement de le lire, mais bon, c'est le mec qui a fait cette merveille qu'est Incendies, donc bon, ça doit pouvoir se lire...

J'ai pris La Langue des bêtes de Stephane Servant, parce que ça fait un an que je me dis "faudrait que je le lise quand même, il a l'air vachement bien".

J'ai pris Voyage excentrique et ferroviaire autour du Royaume-Uni de Paul Theroux, parce qu'on me l'avait offert avant que je parte en Écosse en juin, que j'avais pas pu l'emporter avec moi et que ça intrigue l'aventurière en moi.

J'ai pris Tu ne sais rien de l'amour, de Mikael Ollivier, pour le côté nostalgique, quand j'étais au collège, Mikael Ollivier c'était mon idole.

J'ai pris Dieu me déteste d'Hollis Seamon, parce que le titre me fait marrer.

Et j'ai pris Songe à la douceur de Clémentine Beauvais (comme l'aéroport) parce que je suis victime du marketing et que tout la blogosphère de la littérature jeunesse n'a que ce titre à la bouche depuis juin. Une réécriture d'Eugène Onéguine mais toujours en vers, tu le sens le truc casse gueule ? Ben non, parce que Clémentine Beauvais est un petit génie de l'écriture, voilà pourquoi.

mercredi 8 juin 2016

La liste complètement arbitraire des cinq livres que j'ai pris avec moi en trek dans les Highlands

1. Un bon page turner pour la journée de voyage 
Entre le métro, le bus, la salle d'embarquement, l'avion,le bus et la soirée seulabre à l'auberge de vieillesse, il me fallait un bouquin un peu engageant, le genre de livre où il se passe des trucs, contrairement à ma journée d'attente, de transfert et de voyage.
J'ai pas pris trop de risques en choisissant de lire le troisième tome des aventures de Lockwood, George et Lucy. Vu à quel point j'étais accro aux deux premiers.
Jonathan Stroud sait écrire le suspens, l'horreur et la répartie cinglante. Lockwood & Co. tome 3 a satisfait toutes mes attentes, un très bon roman d'aventure et d'enquête avec ce petit quelque chose de glaçant qui te fera brutalement fermer le livre en disant " je peux pas,j'ai trop peur" avant de reprendre ta lecture.

2. Un classique qui envoie toujours du pâté 
Si tu ne le sais pas encore, sache que mon livre préféré de la vie (après Harry Potter, ne nous leurrons pas) c'est Les Trois Mousquetaires D'Alexandre Dumas. J'ai lu aussi, Vingt ans après et Le Vicomte de Bragelonne, mais rien d'autre. Le souvenir d'Athos, Portos, Aramis et d'Artagnan et de leurs aventures m'a poussé à choisir Le Comte de Monte Christo. Je ne sais pas grand chose de ce livre, je n'ai vu aucune des adaptations filmiques, ma connaissance du pitch est certainement emmêlé avec celle des Misérables, du coup j'y allais un peu à reculons, espérant seulement que le roman soit, sinon aussi bien que les Trois Mousquetaires, au moins dans la même veine. J'en suis encore dans la première partie du roman, mais j'adore et surtout, j'ai un énorme crush sur Edmond Dantès, voilà, maintenant tu sais tout.

3. Un essai sur l'amour, parce que je suis une putain de fleur bleue
J'adore lire des articles, des livres, regarder des films et des séries, qui analysent les relations amoureuses. Je sais pas, je me dis que plus j'en sais, mieux j'arriverai à l'appréhender... Je t'avoue que pour l'instant ça n'a pas encore porté ses fruits.
J'y crois à mort.
Récemment je me suis vraiment retrouvée dans certains thèmes de la fabuleuse série d'Aziz Ansari: Master of None.
Alors que bon, au départ Aziz Ansari c'est juste ce mec drôle et un peu pété de Parks & Rec. Sauf que ce mec drôle et un peu pété à un vrai talent d'auteur et surtout un regard critique extrêmement intéressant sur la société actuelle. Je te conseille vraiment ses spectacles de stand-up qui, en plus d'être d'une drôlerie absolument fabuleuse, abordent des sujets importants comme le féminisme, le racisme ou ce dont je parlais dans un un article précédent: the fear of missing out (FOMO pour ceux qui suivent dans le fond). Du coup je me suis procuré Modern Romance, l'essai D'Aziz Ansari sur les relations amoureuses à notre époque, j'ai pas encore commencé, mais j'ai particulièrement hâte.

4. La conclusion d'une trilogie passionnante 
La non plus, je prends pas beaucoup de risques, mais c'était ça ou relire Harry Potter et je me suis dit qu'en deux semaines ça allait peut-être faire un peu short.
Le troisième tome de la saga La Cinquième Vague est sorti en français il y a à peine deux semaines, vu le Cliffhanger auquel on avait eu droit à la fin du tome deux, tu te doutes bien que j'étais quand même un peu obligée de lire le troisième tome. Surtout que, contrairement à Divergente ou au Labyrinthe, qui vont en s'appauvrissant au fil des tomes, La Cinquième Vague monte en puissance. Le deuxième tome donne à voir un aspect psychologique fouillé qui fait se questionner les personnages et le lecteur, ça fonctionne du tonnerre. J'ai hâte de voir si la série se finit en apothéose ou retombe mollement comme un soufflé raté.

5. Une histoire d'enfant maladif, parce que TMTC 
J'aime beaucoup les livres de Monsieur Toussaint L'ouverture. La ligne éditoriale est très forte, les romans sont peu nombreux et l'objet en lui même est toujours très beau. J'ai en ma possession La Maison dans laquelle, dans laquelle je progresse lentement. Comme le truc est aussi énorme qu'un pavé, ça limite un peu ses possibilités d'être dans mon sac à main pour un break lecture improvisé. Non, j'ai prix avec moi la dernière parution de Monsieur Toussaint L'ouverture, Le soins à la personne revu et corrigé (ou quelque chose comme ça).  L'histoire d'un type un peu loser qui se retrouve à s'occuper d'un ados en fauteuil. Autant te dire que je m'en réjouis d'avance.

Et toi, tu prends quoi comme livre avec toi quand tu pars en vacances ?

lundi 6 juin 2016

Et si j'étais les deux en même temps, le droit au bonheur d'une Boulette, la vie, en gros

Tout d’abord, lance une chanson de Dolly Parton, parce qu'on plonge tout droit au Texas et que le roman dont je vais te parler est à fond sur Dolly Parton, Jolene est mentionné plusieurs fois, mais j'ai choisi Coat of many colors, c'est mon blog, je fais ce que je veux.


C'est difficile d'écrire des romans positif sur la maladie, surtout lorsqu'il s'agit d'obésité, parce que bon, il suffirait d'un petit effort pour aller mieux, il suffirait de perdre un peu de poids, un régime c'est pas si terrible, et puis pour ta santé ce serait mieux quand même, tu pourrais faire un effort...
Souvent on voudrait que les personnes en surpoids n'aient pas le droit d'être heureuses sauf si elles changent.
Heureusement Miss Dumplin n'aura pas besoin de changer son apparence pour briller.


Le postula de départ de Miss Dumplin (chez Michel Lafon) c'est que Willowdean est bien dans sa peau bien qu'elle soit grosse.

Et c'est faux, Willowdean fait semblant mais elle est même bien plus complexée et critique envers elle même que tous les gens autour d'elle, elle laisse ses complexes l'empêcher de vivre. Le problème ne vient pas des autres, il vient d'elle. Sa meilleure amie n'en a rien à faire, ses collègues n'en n'ont rien à faire, le magnifique Bo Larson n'en a rien à faire, tout le monde s'en bat les steaks (à part sa mère et le fouille-merde du lycée, mais il en faut), sauf elle.

Miss Dumplin au début, c'est un peu comme la troisième génération de Skins, les personnages sont sympa, mais le drame, ils le créent tout seul.

Willowdean bosse dans un fast food, avec le mec beau, mystérieux et silencieux par excellence (que j'appelle le Mysterious Brooding Dream Boy, l'équivalent masculin de la Manic Pixie Dream girl, mais c'est l'article de la semaine prochaine alors on va pas s'étendre là dessus), très vite ça batifole dans le local poubelle et dans le pick up de Bo, mais même si Willowdean à un gros crush sur Bo, elle refuse qu'il la touche, parce qu'elle a peur des bourrelets qu'il doit sûrement sentir lorsqu'il passe ses mains dans son dos où qu'il l'attrape par la taille. Et là bim, auto-sabotage, Will utilise un prétexte pourri pour rompre avec lui.

Toute les intrigues secondaires, le concours de beauté, la brouille avec sa meilleure pote, le club des freaks du lycée, la pseudo amitié avec Mitch, pourri caca nul, je vais pas revenir dessus. Le sujet important dans tout ça c'est Lucy, la tante récemment décédé de Willowdean. C'est l'histoire d'un deuil, c'est intégrer les leçons qu'on vous a transmis, c'est comprendre que tout le monde est tellement obsédé par son propre nombril que finalement personne ne fait attention si vos cuisses se touchent, si vous tenez la main du plus beau garçon de l'école (on le mentionne entrain de frotter sa mâchoire avec ses jointures et je dois t'avouer que ça me parle), et que ce n'est pas votre poids qui mesure votre votre beauté.

"J'imagine que, parfois, la perfection que nous voyons chez les autres est faite d'un tas de minuscules imperfections, parce que certains jour, il est impossible de fermer cette foutue robe. "

Le message du roman est intéressant, mais il se perd un peu et surtout le roman est mal équilibré, ça traîne en longueur, la partie qu'on attendait vraiment arrive dans les vingt dernières pages du livre.
Mais les personnages sont si intéressants, si bien construits, ça reste un plaisir de lire ce roman. Et c'est grâce à une autre minorité que Willowdean finit par ouvrir les yeux sur le fait qu'elle ait le droit d'être elle même.

"Parfois, pour comprendre qui on est, il faut se considérer comme une mosaïque d'expériences, un ensemble de facettes différentes. Je suis Boulette. Et Will, et Willowdean. Je suis grosse. Je suis heureuse. Je suis complexée. Je suis courageuse."
Sur le même sujet, l'excellent roman de Mickael Ollivier, La vie, en gros, aux Éditions Thierry Magnier, évidemment.

jeudi 2 juin 2016

Les 8 morceaux qui mettent de l'été dans ma vie malgré le temps pourri

Alors que Paris menace d'être engloutie par la Seine tel l'Atlantide (j'exagère À PEINE) que les températures atteignent difficilement les 15°C, je suis obligée de remettre un pull et de passer du gaspacho à la soupe à la tomate.
Et ça me les brise menu.
Pour arrêter de broyer du gris et étouffer les bruits de la pluie j'écoute de la musique, alors voilà la liste des 8 morceaux qui mettent de l'été dans ma vie en ce moment !

  • Paradise, Panthurr  (découvert grâce au vlog de Casey Neistat)


  • Paint a smile on me, Black Yaya (une vieillerie, mais une bonne)

  • Can't Stop the Feeling, Justin Timberlake (assurément le tube de l'été)


  • DJ RAFF, Latino & Proud (qui sert de générique à la super série Broad City)

  • DNCE, Cake By The Ocean (oui, c'est Joe Jonas ET ALORS ?)

  • Jake Bugg, Gimme the love
  • Try Everything, Shakira (GOOD EVENING ZOOTOPIA !)
  • Do What you love, Johnny Rock (avec un bout du discours de Steve Jobs au début)

lundi 30 mai 2016

Moi et les aquaboys, l'humour anglais et un bouquet final en forme d'hilaritude

Quand j'étais au lycée deux choses me faisaient absolument mourir de rire à leur lecture. La première était la formidable chronique illustrée de Margaux Motin pour le magazine Muteen. Qui m'a donné envie de trouver un job où allier illustration et écriture (à l'époque j'étais encore confiante dans mes capacités à devenir une illustratrice renommée). Pour vous donner un aperçu de la plume de Margaux Motin, elle écrivait à propos d'un vernis adhésif : "Mes paluches sont justes hyper canons, on dirait qu'elles s’apprêtent à ouvrir et à fermer des barquettes pour une pub sur le jambon".
(c)Margaux Motin

Du génie.
Le mélange de sujet connoté magazine féminin et les commentaires un peu trivial sur le jambon, fonctionne à merveille.



La deuxième chose c'est la série des Georgia Nicolson, que l'on doit à la regretté Louise Rennison. Si tu ne connais pas Georgia, vraiment tu devrais t'y mettre. On suit le quotidien ordinaire d'une jeune ado ordinaire, qui vit avec ses parents qui s'aiment un peu trop à son goût, sa petite sœur de 4 ans qui est complètement cinglé et son chat Angus qui tient plus du petit tigre que du chat domestique. à travers ses histoires de copines, de cours, de cœur, ses techniques de séduction foireuse et son amour pour les chorégraphie de groupe, c'est un roman juste qui nous plonge dans les petit tracas et grandes marrades de l'adolescence. Parfois, rien qu'en me remémorant un passage de ces dix tomes plein d'hilaritude il m'arrive encore de me gausser seulabre en me rappelant l'épisode des attrapes glaçons collés l'un à l'autre ou du soutien-gorge comme soutien-pif. Toute l'originalité de Georgia Nicolson c'est de réussir à nous faire entrer dans sa bande de copine, le Top Gang, grâce à ses confessions mais surtout grâce à ce langage qui leur était bien particulier, qui allait en s'étoffant au fil des tomes, ils fallait avoir lu et suivi Georgia depuis le début pour réussir à comprendre ce qu'il se passait dans le dernier. Il faut saluer le travail impressionnant de le ou la traducteur (trice). Je les ai relus il y a un ou deux ans et la perfection de ces romans ne faiblit pas avec le temps. Ils sont un classique de la littérature jeunesse.
la couverture du poche...

Un petit passage sur Angus, qui est originaire de là où je me trisse en trek dans une semaine.

Ce chat est gravement givré. Je l'ai trouvé à Loch Lomond en Ecosse dans le jardin de la pension de famille où on passait nos vacances avec les parents. La pension s'appelait « Au bon coin », c'est vous dire le style de vacances.
Le jour où il a massacré mon pull quand je l'ai pris dans mes bras, j'aurais dû me douter qu'au rayon chat tout ne tournait pas rond. Mais il était tellement mignon comme chaton, tout tigré avec des poils longs et d'immenses yeux jaunes. Déjà petit, on aurait dit un bébé chien. J'ai supplié mon père de me laisser le ramener à la maison.
— S'il reste ici, il mourra. Il a pas de papa et il a pas de maman.
A quoi il a répondu :
— C'est probablement parce qu'il les a mangés.

C'est difficile de tomber sur des romans vraiment drôles, surtout quand il s'agit de traduction. C'est pourquoi je tenais vraiment à vous parler de Moi et les aquaboys de Nat Luurtsema, j'avais pas rigolé à voix haute en lisant depuis Dans la gueule de l’alligator (chez Thierry Magnier pour changer). Ce roman est hyper frais. L'héroïne est d'une maladresse affligeante mais doté d'une répartie (un peu en retard quelques fois) et d'une propension au sarcasme que j'adore. Je voulais le mettre en regard de Georgia Nicolson parce que je trouve qu'on retrouve dans ces deux romans ados le même genre d'humour un peu décalé typiquement anglais, ainsi que le "sarcastic little shit" propre au narrateur que j’affectionne tout particulièrement.



Moi et les aquaboys raconte l'histoire de Lou Brown, trop grande, trop musclée, trop maladroite, qui échoue lamentablement à une épreuve de sélection pour un camp d'entrainement de natation pour lequel elle se prépare depuis des années. Sans la natation sa vie n'a plus beaucoup de sens et elle erre tel une âme en peine à la piscine. Abordés par trois garçons qui veulent tenter de participer à Incroyable Talent ! elle va devenir leur entraineur dans une toute nouvelle discipline, la natation synchronisé sous l'eau.
Lou est adorable et complètement à côté de ses pompes. C'est une héroïne qui fait plaisir à voir car elle n'a pas besoin de changer pour trouver le bonheur (d'une manière un peu étrange certes mais vraiment drôle). Les différentes relation entre les personnages sont vraiment bien écrites. On pourrait regretter de ne pas mieux connaître les aquaboys finalement car le roman est assez court, mais apparemment il y aura une suite donc les aventures de Lou ne sont pas terminées !
L'auteur de moi et les aquaboys est comédienne de stand up au départ (et anglais qui plus est) et ça se ressent tout à fait dans sa plume, le choix du bon mot et les enchainement de situation. Pour un premier roman, c'est vraiment une réussite !
Un livre pour tout ceux qui ont subi une défaite dans vie et sont remontés en selles, pour tout ceux qui aiment nager, pour tout ceux qui se sentent comme un poisson hors de l'eau, pour tout ceux qui aiment rire.

Moi et les aquaboys de Nat Luurtsema, Gallimard jeunesse